«Alain Bernard, avec votre récent chrono à Lyon, est-ce que les autres vous regardent différemment ?
Non. On arrive à un niveau où c'est chacun pour soi. C'est très important de ne pas se fier aux autres, de ne pas se comparer constamment.
Comment se sont passées vos premières longueurs dans le bassin de Melbourne ?
Quand j'ai plongé, j'ai senti le bassin lourd, mais au fur et à mesure, je me sens de mieux en mieux. Marc (Ndlr : Begotti, entraîneur national) commence à bien me connaître, il adapte les entraînements, il n'y a pas de raison que cela n'aille pas.
Vos chronos commencent à s'approcher des meilleurs.
Je me rends compte que je m'approche de mon meilleur niveau cette année, même si j'ai encore de la marge. Ma perf de Lyon fait partie de ma progression et je ne me prends pas la tête avec cela : 48''8, 48''9, 48''6, cela fait partie de ma progression, j'essaie de ne pas trop y penser. Les chronos commencent à devenir sérieux, mais je ne suis pas le seul à les faire. Tant qu'il y en a qui iront plus vite, j'aurai envie d'aller plus vite.
Comment voyez-vous ce 100 m ?
Il n'y a pas eu de temps énorme réalisé l'année dernière. Il y a sûrement des outsiders, des mecs qui vont arriver en finale, qui ne sont pas trop connus, pourquoi pas moi ! L'année dernière, j'ai fait 7e aux "Europe", cela fait quelques années que je grappille quelques petites places à l'échelle européenne. Ce sont mes premiers "Monde", mon but est d'aller en finale et une fois en finale, tout est possible, rien n'est joué d'avance. Cela va nager très vite.
Qui craignez-vous sur ce 100 m ?
Tout le monde et personne. Il y a bien sûr les favoris qui ont de l'expérience comme Magnini, VDH , Lezak. Mais si on commence à s'attarder sur chacun d'eux on ne trouve plus sa place, c'est à nous de frapper un grand coup.
Avant le 100 m, vous avez le relais. Comment appréhendez-vous cette épreuve ?
Ce relais a du potentiel. On a l'impression d'avoir raté un petit truc aux "Europe" cet été. Cela nous a reboostés, on s'est bien serrés les coudes, on en parle de plus en plus entre nous pour savoir l'ordre du matin, ceux qui vont être économisés pour le soir, cela vient de plus en plus de nous et de moins en moins des coaches, de Claude (Ndlr : Fauquet, DTN). C'est bon signe parce qu'on a vraiment envie de faire quelque chose de bien, mais il va y avoir de la concurrence.
Le podium est-il accessible ?
Oui si on ne regarde que les rankings. Mais si ce n'était que mathématique, on serait déjà sur plusieurs podiums européens voire mondiaux. Maintenant le plus dur est d'être en forme tous les quatre en forme au bon moment. Si c'était uniquement d'additionner des temps, beaucoup de nations seraient fortes.»

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